Au début, rien ne laisse vraiment présager ce qui nous attend. L’inscription se déroule dans un espace intérieur fermé. Quelques données personnelles à fournir, les dernières formalités à régler – tout est calme, presque banal. Puis la porte donnant sur le circuit s’ouvre. Les moteurs rugissent, les karts défilent à toute vitesse – et cette odeur si particulière d’essence et de gaz d’échappement vous saisit immédiatement. Et plutôt intensément ! Quand on n’a pas l’habitude de passer son temps libre sur un circuit, il faut quelques instants pour s’y habituer. Bienvenue dans le monde du sport automobile.
Tout entre les mains
Cette fois, les choses sérieuses commencent. On s’installe dans le kart. Le personnel formé sur place accompagne les personnes à mobilité réduite de manière professionnelle pour les transferts dans et hors du kart.
Sur les karts adaptés, l’accélérateur et le frein sont directement intégrés au volant. Les mains ont donc fort à faire : diriger, accélérer, freiner – tout en essayant, si possible, de suivre la trajectoire idéale. 28 chevaux sous les fesses, 1600 mètres de circuit devant soi. Les premiers virages servent encore à faire connaissance avec la machine. Le kart réagit-il directement ? À quel moment faut-il freiner ? À quelle vitesse peut-on passer le virage ? Et jusqu’où peut-on le laisser partir en glisse ? Mais en karting, la retenue ne semble jamais durer très longtemps.
À chaque tour, la confiance augmente. On freine un peu plus tard, on accélère un peu plus tôt – et soudain, il ne s’agit plus simplement de boucler le circuit sans encombre. Désormais, chaque seconde compte.
44 km/h – qui en paraissent beaucoup plus
Chaque session comprend quatre tours chronométrés, suivis d’un tour pour ralentir et rentrer. La vitesse moyenne atteint environ 44 km/h. Sur le papier, cela peut sembler raisonnable. Au volant d’un kart, la perception est tout autre. À quelques centimètres de l’asphalte, la piste défile sous nos yeux. Chaque mouvement du kart se ressent immédiatement, et surtout les forces centrifuges dans les virages rapides. Le corps et la tête sont poussés vers l’extérieur tandis que la nuque lutte en permanence pour les maintenir en place.
Les mains, elles aussi, travaillent sans relâche. Avec les commandes manuelles, les poignets sont particulièrement sollicités. Après dix minutes, on sait exactement quels muscles viennent de travailler.
À l’assaut de la barre des deux minutes
Lors de la deuxième session, l’esprit de compétition est définitivement réveillé. La piste devient plus familière, le kart aussi, et le «Voyons déjà comment ça marche» se transforme peu à peu en «Il y a encore moyen de gagner du temps». Freiner plus tard. Bien négocier le virage. Conserver sa vitesse. Remettre les gaz. Lors de la troisième session, c’est fait : la barre des deux minutes tombe.
La satisfaction est grande – jusqu’à ce que l’on jette un œil aux chronos des pilotes expérimentés. Sur le même circuit, ils sont encore environ cinq secondes plus rapides. Dans la vie quotidienne, cinq secondes, ce n’est rien. Sur une piste de karting, elles peuvent soudain paraître très longues.
Pendant que les uns foncent, les autres profitent
Le site de Vuiteboeuf séduit également en dehors de la piste. Tout autour du circuit, de nombreuses aires de pique-nique et de détente permettent aux familles, aux amis et aux accompagnants de passer un bon moment tout en suivant les exploits des pilotes.
Pendant que les uns se battent pour quelques dixièmes de seconde sur l’asphalte, les autres peuvent pique-niquer tranquillement à quelques mètres de là et encourager leurs favoris. Un joli contraste avec le bruit, la vitesse et l’adrénaline qui règnent sur la piste.
Nuque fatiguée, sourire jusqu’aux oreilles
Après trois sessions et douze tours chronométrés, il est temps de s’arrêter. La nuque ? Fatiguée. Les poignets ? Eux aussi. L’envie de continuer ? Elle aurait volontiers supporté quelques tours supplémentaires. Vu de l’extérieur, le karting peut ressembler à quelques minutes passées à tourner en rond pour le plaisir. Mais quiconque a déjà filé dans les virages au volant d’un kart de 28 chevaux, à quelques centimètres de l’asphalte, sait qu’il en va tout autrement.
Vitesse, concentration et effort physique se combinent d’une manière que l’on ne comprend vraiment qu’une fois installé derrière le volant. Et cette odeur d’essence qui nous avait presque assommés en arrivant sur la piste ? À la fin, nous ne la remarquions pratiquement plus. C’est peut-être à ce moment-là que l’on comprend que le karting nous a vraiment conquis.
Envie de prendre le volant ?
Les personnes en fauteuil roulant peuvent découvrir le karting à Vuiteboeuf indépendamment d’une activité organisée par l’ASP. Celles et ceux qui préfèrent vivre l’expérience en groupe auront une nouvelle occasion lors du «move on» à Yverdon-les-Bains, du 4 au 6 juin 2027. L’ASP proposera à nouveau cette activité et ses membres bénéficieront d’un tarif préférentiel.