Ce que cette équipe a construit en quelques années et qui vient d'être mis en évidence lors de ce Mondial, est le fruit d'un travail mené de manière cohérente. Ou, comme le dit si bien l’entraîneur principal Rico Romano dans une interview: «L’évolution de cette équipe au cours des dernières années est énorme – nous avons appris à gérer la pression et à trouver les bonnes solutions dans les moments décisifs».
Des objectifs ambitieux et un plan clair
La situation de départ avant le tournoi était clairement définie. Se qualifier pour les demi-finales était considéré en interne comme l'objectif minimum. Il était associé à l'ambition de finir vainqueur du groupe et de s'assurer ainsi un parcours supposé plus facile vers la finale.
Si ce plan a fonctionné, c’est aussi parce que la Suisse a tiré les bonnes leçons de son seul faux pas: le match nul contre l’Italie. Lors des rencontres suivantes, l’équipe a délibérément intensifié la pression sur l'écart de buts et s’est ainsi assurée la première place du groupe.
Avec le recul, Romano souligne surtout la réaction de ses joueurs face à ce moment: «De tels matchs sont extrêmement précieux. Nous devions trouver des solutions – et c’est précisément ce qui a distingué l’équipe: sa capacité à progresser au fil des rencontres.»
Cette évolution a été perceptible tout au long du tournoi. La Suisse a trouvé peu à peu son rythme, a gagné en assurance et a fait preuve d’une aisance de plus en plus éclatante.
Une finale qui restera dans les annales
En se qualifiant pour la finale contre les Pays-Bas, les joueurs à la croix blanche avaient déjà signé un exploit historique. Mais au sein de l’équipe, une chose est rapidement apparue comme évidente: il était devenu possible d'aller encore plus loin.
Ce qui a particulièrement marqué, c’est l’approche mentale que le staff technique a délibérément mise en place. Au lieu de se concentrer spécifiquement sur l’adversaire, l’équipe s’en est systématiquement tenue à ses propres routines. Les rituels, la préparation du match et les principes tactiques fondamentaux n’ont pratiquement pas été modifiés.
«Nous voulions aborder cette finale comme n’importe quel autre match», explique Romano. «C’est précisément ce calme et cette discipline qui ont fait la différence au bout du compte.» Cette sérénité était également perceptible sur le terrain. Malgré l’importance de l’enjeu, la Suisse est apparue dès le début maîtresse d’elle-même et concentrée.
La finale elle-même a été le reflet de la performance globale des Confédérés tout au long du tournoi. En attaque, la Suisse a sans cesse fait preuve de créativité grâce à Jan Schäublin et Khaleq Hassani. En défense, l'équipe a convaincu par sa discipline et son organisation, avec Noé Spirig, une valeur sûre dans les cages. Lorsque Schäublin a porté le score à 4-1 à 7 min 31 s de la fin, le match semblait déjà scellé. Mais les Pays-Bas ont su réagir et réduire l'écart à 4-2, ce qui a remis la pression. C’est dans cette phase que s’est peut-être manifestée la plus grande force de l’équipe: sa résilience. Alors qu’à l’avant, Schäublin concluait le sort du match en portant le score à 5-2, le gardien Noé Spirig se surpassait et repoussait coup sur coup les tirs adverses dans les dernières minutes. Le score final de 5-3 a définitivement marqué la conclusion méritée d’une performance impressionnante tout au long du tournoi.
Une consécration hautement significative
Pour Romano et son équipe, ce titre représente bien plus qu’un simple succès sportif. C’est le fruit d’années de travail, sur le terrain comme en dehors. «Ce titre est la récompense de tout ce qui a été investi dans ce projet», a déclaré Romano. «Des entraînements à Zurich aux week-ends intensifs à Nottwil, chaque étape a contribué à cette consécration.»
Dans le même temps, il replace ce triomphe dans un contexte plus large: «Pour le Powerchair en Suisse, cela montre clairement que beaucoup de choses ont été bien faites. Nous avons progressé sans relâche au fil des années – et nous sommes désormais en tête du classement mondial.» Cette tendance à la hausse était déjà perceptible depuis la troisième place obtenue lors des championnats du monde à domicile en 2022. En Finlande, elle vient d’être confirmée par le plus haut échelon de reconnaissance.
Une plus grande visibilité pour ce sport
Parallèlement à cette success story sportive, un projet est actuellement en cours de réalisation afin de documenter précisément cette évolution et de la rendre accessible à un large public.
La réalisatrice Tamara Reichle suit l’équipe nationale depuis quatre ans et retrace son parcours dans son documentaire au titre évocateur «Nothing Can Stop Us». Le film met non seulement en lumière le cheminement sportif qui a mené au titre de champion du monde, mais il en souligne surtout les principales forces motrices: la passion, l'esprit d’équipe et le quotidien dans l'univers du sport de haut niveau.
Le triomphe aux Mondiauxsieux confère à ce projet un rayonnement supplémentaire. L’histoire de cette équipe illustre parfaitement ce qu’il est possible de réaliser dans le sport d'élite lorsque l’engagement et la vision vont de pair.
Les yeux tournés vers l'avenir
Après ces mois intenses consacrés à la Coupe du monde, l'équipe va d'abord se concentrer sur la récupération. Mais dès l'automne, le prochain cycle débutera, en vue du championnat d'Europe 2028.
Forte de son titre mondial et d’une identité d’équipe bien affirmée, la Suisse entame cette nouvelle phase – non plus en tant qu’outsider, mais en tant que championne du monde très attendue. «Il s’agit désormais de maintenir ce niveau – et de continuer à progresser. Car nous sommes encore loin d’avoir atteint notre but», déclare fièrement l’entraîneur des champions de Powerchair Hockey.