Le Dr méd., Dr h.c. Guido A. Zäch était un pionnier de la rééducation intégrale des personnes blessées médullaires. Dans les années 1960 déjà, le jeune médecin et futur fondateur de la Fondation suisse pour paraplégiques a eu les premiers contacts avec des personnes touchées. Il ne tarda pas à identifier les lacunes dans les systèmes hospitalier, social et d’assurance en Suisse. Il concrétisa ensuite sa vision d’une rééducation intégrale des para et tétraplégiques.
Création de perspectives
En tant que médecin-chef, Guido A. Zäch dirigea le centre paraplégique de Bâle entre 1973 et 1989. Il livra un inlassable combat pour l’égalité des chances des paralysé·es médullaires. Sa vision : rendre l’autonomie et l’autodétermination aux personnes en fauteuil roulant. En 1975, il créa la Fondation suisse pour paraplégiques avant de fonder l’Association des bienfaiteurs en 1978, qui compte aujourd’hui 2 millions de membres, et il a créé l’Association suisse des paraplégiques en 1980 comme association des personnes ayant une paralysie médullaire.
Le Centre suisse des paraplégiques a été inauguré en 1990 à Nottwil (LU). Puis, il a créé la Recherche suisse pour paraplégiques en 2000. En 2007, Guido A. Zäch a été nommé président d’honneur de la Fondation suisse pour paraplégiques. Aujourd’hui, son œuvre comprend la Fondation suisse pour paraplégiques, ses sept filiales et deux organisations proches. Au total, plus de 2000 personnes travaillent pour le Groupe suisse pour paraplégiques (GSP).
Le visionnaire s’est donc éteint le 16 février 2026, à l’âge de 90 ans, entouré de sa famille. Ce après une longue maladie. Le natif de Saint-Gall laisse une épouse et sept enfants adultes. «Au nom de l’ensemble du Groupe suisse pour paraplégiques, je voudrais exprimer mes plus sincères condoléances aux proches de Guido A. Zäch et je leur souhaite beaucoup de courage dans cette période de deuil», dit Joseph Hofstetter, directeur de la Fondation suisse pour paraplégiques. Heidi Hanselmann, présidente du conseil de fondation, se montre également profondément touchée: «Ce que Guido A. Zäch a fait pour les personnes paralysées médullaires est d’une valeur inestimable. C’est grâce à sa vision que les personnes touchées bénéficient à Nottwil non seulement d’un traitement médical hautement spécialisé, mais aussi d’une rééducation, de soins, de thérapies de plusieurs mois et d’un conseil exhaustif. Son travail a eu de l’effet bien au-delà de la clinique : nous rendons possible la fourniture de moyens auxiliaires, adaptons des appartements et voitures, soutenons les familles, accompagnons les personnes touchées dans leur retour à l’école, au travail et dans une vie le plus autodéterminée possible. Des milliers de personnes ont eu de nouvelles perspectives grâce à lui. Nous persévérons cette œuvre d’une vie avec beaucoup de responsabilité et de profond respect.»
Il adorait la nature
La stature de Guido A. Zäch a toujours été celle d’un homme d’État, qui imposait le respect. Il a su rester humble, trouvait toujours un terrain d’entente avec ses interlocuteurs et traitait tout le monde de la même La Fondation suisse pour paraplégiques déplore la perte de Guido A. Zäch manière, peu importe qu’il s’agisse d’un chauffeur de taxi ou d’un conseiller fédéral. Il avait l’habitude de s’agenouiller pour parler aux personnes en fauteuil roulant afin de les regarder droit dans les yeux. Dans le cercle familial, il parvenait à s’évader du quotidien et à oublier ses obligations. Il puisait son énergie dans la musique, les livres, ses collections et son jardin
Visionnaire, il visait l’égalité des chances
La question sur la potentielle contagiosité des personnes paralysées médullaires resta gravée dans la mémoire de Guido A. Zäch. Elle lui montra à quel point sa vision d’une rééducation intégrale était encore aux antipodes de la perception populaire. Ses idées allaient déjà plus loin en 1973: il pensait à l’égalité des chances.
Grâce à son engagement, les personnes avec une paralysie médullaire sont aujourd’hui très intégrées dans la société et sont à même de se forger un avenir qui, il n’y a pas si longtemps, était encore impensable. Ainsi, plus de 60% des personnes touchées peuvent exercer une activité rémunérée. Avec ce chiffre, la Suisse se situe en tête du classement mondial. Pour y arriver, il a fallu une vision claire, une capacité de s’imposer, beaucoup de courage et une grande persévérance.
Pionnier, il avait la devise : «Assez n’est pas assez.»
La semaine de travail de Guido A. Zäch comptait entre 80 et 90 heures. Il ne prenait presque jamais congé et renonçait à ses vacances. Cet engagement énorme rythma toute sa vie. «La prise en charge intégrale des personnes paralysées médullaires peut seulement se faire en 168 heures par semaine. Les patient·es souffrent durant ces 168 heures et pas une de moins», comme aimait dire Guido A. Zäch. Il exigeait un grand engagement non seulement de la part de ses employé·es, mais aussi de ses patient·es. «Assez n’est pas assez. Celui qui donne tout peut faire encore plus.» Et son credo: «Quand on peut mieux faire, il faut le faire.»
Guido A. Zäch a reçu de nombreux prix et distinction pour l’œuvre de sa vie. Ainsi, l’Université de Fribourg lui a décerné le titre de docteur honoris causa et la commune de Nottwil l’a nommé citoyen d’honneur. De plus, il était lauréat du prix Adele-Duttweiler.
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