Plus de 160 personnes, dont de nombreuses en fauteuil roulant, ont fait le déplacement jusqu'à Nottwil. Le sujet de cette année, «Des soins à domicile prodigués par des proches – de l'évaluation au paiement», touche des enjeux cruciaux, car le financement des soins à domicile détermine souvent si une personne concernée peut vivre chez elle ou doit être placée dans un établissement de soins.
Au cours de la première partie de la conférence, Michael Bütikofer et Yannick Gloor, tous deux avocats à l’Association suisse des paraplégiques, ont exposé les différences entre les contributions aux soins versées par les assurances-accidents et celles des caisses-maladie. En simplifiant, on peut dire que les prestations de soins fournies par des proches peuvent être directement facturées aux assurances-accidents, tandis que les caisses-maladie exigent un engagement auprès d’une organisation de soins à domicile, type Spitex. De plus, seuls les «soins de base» peuvent être facturés aux caisses-maladie, et non les soins médicaux. Il s’agit par exemple de l’aide pour s’habiller et se déshabiller ou pour les soins corporels. Dans le cadre des assurances-accidents, en revanche, les soins médicaux prodigués par des proches peuvent également être remboursés. Cela concerne par exemple, la pose de pansements ou les soins liés à une stomie. En écoutant ces explications l'assistance à juger que ces différences n'étaient pas justifiées. Il n’est donc pas surprenant que la question ait été soulevée de savoir s’il ne serait pas temps de supprimer ces distinctions. Des initiatives politiques ont été lancées à ce sujet, mais jusqu’à présent, elles n’ont malheureusement pas abouti.
Dans une deuxième partie, Christina Brechbühl, responsable de l'équipe des prestations de soins au sein du service de conseil en moyens auxiliaires de la FSCMA, et Manuela Friedli, codirectrice de ParaHelp, ont expliqué comment se déroule une évaluation des besoins en soins. Celle-ci permet de déterminer les prestations de soins qu'une personne nécessite et le temps nécessaire pour les fournir. Le rapport d’évaluation sert ensuite de base à la prise en charge des coûts par les assurances-accidents ou les caisses-maladie. Cette évaluation ne se fait pas uniquement lors d’un entretien, mais le plus souvent en observant la situation sur place, par exemple lors des soins du matin. Les deux intervenantes ont conclu leur exposé en rendant un vibrant hommage aux proches aidant·e·s, qui accomplissent un travail considérable au quotidien.
Pour conclure la rencontre, Romano Ricciardi a présenté le modèle Solicare, un système d'engagement à but non lucratif spécialisé dans l'accompagnement des proches aidant·e·s. Outre 26 infirmiers et infirmières, Solicare emploie plus de 330 proches aidant·e·s et les accompagne au quotidien. Il a souligné l'importance de proposer des formations continues aux proches aidant·e·s et de les soutenir en cas de difficultés. Ainsi, dès le début, on anticipe et évalue qui pourrait prendre le relais si l’aidant·e·s familial·e n'était – pour une raison ou pour une autre – plus indisponible.
Une discussion animée a ensuite eu lieu avec le public. Il est apparu que le sujet laissait des questions sans réponses. Le Conseil juridique de l’Association suisse des paraplégiques aide à trouver des solutions, non seulement lors du Forum juridique, mais aussi par la suite, en accompagnant les personnes concernées tout au long de leur vie.